Du 20 Mars au 13 Avril 2016

Vue du ciel la Nouvelle-Zélande doit ressembler à deux taches vertes parsemées d’une multitude de points blancs et traversées par de nombreux cours d’eau qui alimenteraient ce poumon vert perdu au milieu du Pacifique.

Ce pays nous attirait déjà lorsque nous étions en France pas seulement parce qu’il semble inatteignable tant il est loin mais aussi parce que notre imaginaire nous promettait une contrée abritant d’innombrables panoramas tous plus beaux les uns que les autres. La réalité fut à la hauteur de nos attentes. La Nouvelle-Zélande fut le décor de la fameuse saga « Le Seigneur des Anneaux » et on comprend vite pourquoi à tel point les paysages sont grandioses, vastes et paraissent encore vierges de toute empreinte humaine.

IMG_7559Pour partager ce mois de découverte nous avons loué un camping car et sillonné les routes sinueuses en compagnie de Ruth et Olivier les parents de Christophe.

Ce voyage a débuté à Christchurch dans l’île du Sud avant de prendre fin à Auckland dans l’île Nord.

 

Nous avons d’abord rejoint la péninsule de Banks au Sud Est de Christchurch. La mer qui borde toute la côte était agitée et se joignait à la pluie battante et au vent violent. Les vagues s’écrasant sur le sable et la mélodie des gouttes d’eau sur notre toit ont bercé une grande partie de notre nuit avant de laisser place à une journée plus ensoleillée pleine de belles promesses.

Nous avons alors repris la route vers l’intérieur des terres offrant une vue à 360 degrés sur de larges plaines bombées à l’herbe bien grasse et verte. Quand le soleil n’est pas encore complètement levé, sa lumière jaune irradie à travers le prisme du brouillard et laisse esquisser des plaines vallonnées parsemées de tâches blanches broutant allègrement du matin au soir

IMG_7140La journée se finira par une promenade le long du lac Tekapo qui accueille une multitude d’oiseaux et offre un beau point du vue lorsque le soleil se couche.

 

La diversité des paysages est assez extraordinaire. Quelques dizaines de kilomètres après l’océan et les plaines nous serpentons déjà vers des régions plus montagneuses à bord de notre camping-car. Nous apercevons alors des sommets ronds et boisés qui côtoient des pointes saillantes et grises où la neige trouve logis. A midi la face Sud d’une aiguille luit et laisse couler la neige fondue sur sa pierre chaude. Nous faisons une pause déjeuner à la Française en s’offrant le plaisir de déguster un Syrah de la Hawke’s Bay avant d’entreprendre une marche vers le glacier au pied du Mont Cook. Nous posons nos verres de vin devant une montagne massive et verte dont le sommet reste caché. Petit à petit comme un rideau se levant sur une scène, les nuages qui nous enveloppait se dispersent nous laissant le loisir d’apprécier le spectacle.

La transparence et la clarté des lacs fait alors place au bleu glacé des cours d’eau. Des icebergs flottent dans une eau froide et laiteuse entourée d’un pierrier gris. Cette vision contraste avec les plaines observées la veille.

Nous continuons dans les terres en direction de Clyde, une charmante petite ville. Le beau temps étant au rendez-vous nous partons pour une ballade à vélo le long d’une ancienne route utilisée à l’époque de la ruée vers l’or. Tout en savourant la chaleur automnale de cette journée nous admirons les vignes qui nous entourent avant de prendre un chemin et remonter une rivière couleur turquoise. Le paysage est à couper le souffle et ravit ses spectateurs. C’est une baignade dans une eau bien fraiche qui mettra un terme à ce beau parcours.

IMG_7272

Nous rejoignons la côte du Sud Est de l’île une dernière fois avant de remonter vers l’Ouest et admirer ce que l’autre côte de l’île a à nous offrir.

Après avoir passé une nuit au bord du lac sauvage de Te Anau à l’abri de grands arbres, nous nous avançons sur l’unique route menant au Fiordland de Milford Sound. S’ensuit un tunnel taillé à même la roche, trop étroit pour deux voitures. A sa sortie de grandes parois se dressent devant nous comme des remparts imprenables qui nous entourent et marquent l’entrée vers un nouveau monde.

Nous embarquons sur un bateau qui nous emmène voguer sur les larges artères alimentées par les eaux de la mer de Tasman. Ces bras de mer s’étirent à travers des parois montagneuses très abruptes. Nous nous sentons si petits sur notre embarcation au pied des cascades qui plongent dans les eaux profondes de ce fjord néo-zélandais.

Les premiers navigateurs n’ont pas osé s’aventurer sur ces eaux sombres de peur de toucher le fond et de s’échouer. Seuls les phoques venant se prélasser sur les roches réchauffées par le soleil y ont toujours trouvé refuge. Ces montagnes recouvertes de forêts quasiment impénétrables sont si humides et hostiles que quelques dizaines d’habitants seulement y séjournent à l’année.

Puis nous quittons la nature pour rejoindre les villes. En chemin nous traversons de petits villages avec des maisons qu’on croirait bâties en carton-pâte et en tôle. Ambiance un peu far west défraîchi et villes américaines du début du siècle dernier avec des enseignes parfois décrépites. Le rythme y est plus tranquille et les habitants sont presque surpris de nous croiser. L’arrivée sur Queenstown nous séduit. Cet endroit ressemble à un village de montagne dans une station de ski avec de beaux appartements vue sur le lac. Il y règne une certaine frénésie dans les rues, la vie nocturne est dynamique. Nous y serions bien restés quelques jours si l’appel de la découverte n’avait pas été si fort.

En revenant sur la côte le temps se gâte. L’atmosphère devient presque onirique et sombre à l’orée des forêts denses et impénétrables. Un brouillard épais en marque l’entrée. Les rayons du soleil peinent pour se frayer un chemin entre les longs troncs humides et mousseux qui protègent les fougères et jeunes pousses. Ici la lumière ne pénètre pas. Les bois se préservent de toute intrusion en gardant leurs mailles serrées. Sans même l’apercevoir on distingue de temps en temps la douce mélodie d’un ruisseau encaissé coulant au fond des bois.

Pour rejoindre le Franz Joseph Glacier nous prenons une chemin dans la Rain Forest. Cet endroit porte bien son nom, nous sommes trempés! Après quelques kilomètres le long d’une rivière nous devinons le glacier fondu dans un brouillard épais. Sourire aux lèvres et capuches bien vissées sur nos têtes nous rebroussons chemin et reprenons la route en direction des Pancakes Rock, des formations de roches calcaires sculptées par la mer et le temps. Lorsqu’on se trouve dessus on entend l’eau s’engouffrer dans les parois et le sol vibrer sous l’affront des vagues qui claquent la terre.

Ce serait presque angoissant!

Nous remontons progressivement vers le Nord et prenons un ferry à Picton avant de rejoindre Wellington. Difficile de se dire que le voyage prendra bientôt fin tant il nous reste de choses à voir. Nous savourons cette dernière semaine et rejoignons le parc national de Tongariro pour entreprendre une marche autour du volcan Ruapehu. Sur le chemin du retour nous faisons une pause devant une magnifique cascade qui inviterait bien à la baignade si le jour n’était pas déclinant et la température si basse. C’est à la tombée de la nuit que nous rejoignons le village et reprenons la route. En Nouvelle-Zélande, le ciel étoilé est un des plus impressionnants que nous ayons pu voir. La voie lactée, ici sous les Tropiques, se dessine très nettement telle une rivière étincelante sur un ciel sombre.

Peu avant Auckland nous faisons un détour par Orakei Korako pour en admirer son parc regorgeant de sources géothermiques et phénomènes naturels comme des geysers, des cours d’eau et mares de boue bouillonnants sans oublier ces odeurs et couleurs de souffre s’échappant des entrailles de la terre. La Nouvelle-Zélande se situe sur plusieurs failles géologiques et abrite de nombreux phénomènes. Elle est aussi malheureusement le théâtre fréquent de nombreux tremblements de terre dont les plus meurtriers en 2010 et 2011 firent presque 200 morts dans la région de Christchurch.

Après trois semaines itinérantes sur les routes néo-zélandaises c’est avec un sourire triste mais l’esprit rempli de bons souvenirs et de belles images que nous quittons ce pays encore sauvage où il fait bon vivre.

IMG_7893

  1. Biteau Charlotte

    On s’y croirait, c’est toujours ausi bien écrit!J’ai hâte de lire la suite de votre voyage 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *