Du 14 au 19 Mars 2016

Après l’Inde s’ouvre un nouveau chapitre, celui de la nature encore sauvage et préservée, des volcans, des forêts vierges et des plaines vallonnées, la Nouvelle-Zélande.

Avant de retrouver un monde dont les codes nous sont plus familiers que ceux de l’Inde nous pensons qu’une petite transition sera la bienvenue.

C’est à Singapour que nous allons couler des jours paisibles après le tumulte indien et avant la quiétude néo-zélandaise.

L’arrivée à Singapour est en fait un choc pour nous. Alors que nous avions l’habitude de héler un rickshaw au milieu de la foule grouillante c’est un métro complètement automatiser qui nous attend à la sortie de l’aéroport pour rejoindre le coeur de la ville. En chemin plus de vaches ni de vendeurs ambulants ou de circulation anarchique ponctuée de coups de klaxons tous plus forts les uns que les autres mais des buildings à perte de vue, des rues bien ordonnées où chaque chose a sa place et chaque place a sa chose. C’est comme passer d’un film bollywoodien avec mille sons, musiques et couleurs à un film muet en noir et blanc. Le contraste est saisissant.

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Qui revient d’un séjour prolongé en Inde en passant par Singapour est tout de suite interpellé par cet ordre, cette propreté, cette modernité que l’on retrouve à chaque coin. Le quartier des affaires abrite d’immense gratte-ciels d’acier et de verre dans lesquels toutes les multinationales y ont leur office. Cette mégalopole est un lieu stratégique pour le business asiatique et mondial. La population est d’ailleurs un melting pot réunissant Européens, Asiatiques, Américains.

Singapour est la ville du futur (les photos parlent d’elles-même), un concentré de modernisme savamment étudié où il fait bon vivre, un lieu où l’urbanisme prend tout son sens. Les autorités ont essayé de développer une mégalopole futuriste où le piéton, le cycliste et l’automobiliste se déplacent dans trois dimensions parallèles. La ville regorgent ainsi de multiples passerelles ou tunnels. Rejoindre le centre des affaires à vélo est possible sans presque jamais croiser de voitures. On a la sensation que rien n’est laissé au hasard. Toute nouvelle infrastructure est pensée pour s’intégrer dans un environnement urbain très dense. La fluidité est le maître mot. Les lignes de flux sont réfléchies à outrance et ne laissent pratiquement pas de liberté individuelle. Quand vous souhaitez traverser une artère à pied souvent seul un chemin vous le permet et comme vous pouvez l’imaginer le temps des grandes enjambées entre deux vagues d’engins motorisés appartient désormais au passé.

Le confort et la distraction de ses habitants est également un point essentiel du développement urbain. Les îlots résidentiels composés de quelques tours assez élégantes sont pensés pour être des minis quartiers dans lesquels on ne peut entrer que si on est résident ou si on figure sur la liste des invités que les gardiens auront reçue au préalable. Cependant tout est réfléchi pour le bien-être de ses occupants : les piscines toutes plus originales les unes que les autres, les spas, les salles de fête, les terrains de tennis, de squash, les salles de gymnastique et les parcs pour enfants sont fondus dans un décor de plantes et d’arbres tropicaux très bien arrangés il faut le reconnaitre. Les places de parking ne manquent pas, les taxis viennent vous déposer au pied de votre tour, et votre badge électromagnétique d’ascenseur ne peut vous monter qu’à l’étage de votre somptueux appartement. La tranquillité est assurée. Le temps des passants rêveurs et des anciens octogénaires observant les jeunes générations s’envoler sur les balançoires dans des parcs publics est révolu. La propriété privée s’est élargie et a repoussé ses cloisons à l’échelle d’un quartier. A l’heure où on abat les frontières, on érige des cloisons entre les quartiers.

Merci à Aude-Marie, Tom et Jack de nous avoir reçus et permis de découvrir ce pôle névralgique au milieu du continent asiatique.

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  1. Philou

    C’est curieux cette façon de gérer l’urbanisme et la propriété privée. Si la fluidité de circulation piétonne et cycliste fait rêver, la gestion de la propriété privée dans laquelle on ne peux accéder qu’à son appartement et recevoir des invités que si le gardien est prévenu me fait penser à La zone du dehors de Damasio. Big brother puissance 2084. Tout est réglé et surveillé comme si on ne devait pas croiser d’inconnu si on ne le veut pas. Pas de place à la surprise apparement.
    Curieux d’avoir votre ressenti plus approfondi à votre retour sur cette ville.

    Tchuss !!!

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