Irkoutsk

Arrivés à Irkoutsk il est 8h20 heure locale, 3h20 heure moscovite. Nous faisons un tour pour découvrir les lieux avant de sombrer dans une sieste étant restés à l’heure moscovite…

Le centre d’Irkoutsk a été rénové afin d’accueillir les touristes qui viennent nombreux pour voir le lac Baïkal et font souvent une halte dans cette ville à 70km de la plus grande réserve d’eau douce du monde. Les bâtiments les plus vieux sont en bois. Si certains sont complètement laissés à l’abandon et se décrépitent d’autres ont été rafraîchis. Les façades en bois affichent de belles moulures, charpentes, décorations aux fenêtres. Il y a la Maison de l’Europe qui accueille des séminaires ou l’ancienne maison d’une grande famille russe convertie en musée pour donner une impression de la vie au XIXème siècle.

 

Sur place nous rencontrons Anne-France et Valérie, chacune voyageant dans la même direction que nous.

 

Dans cette région on retrouve les Bouriates, un peuple qui aurait les traits des Mongols et serait installé à cheval entre la Russie et la Mongolie. Autrefois ils étaient les seuls habitants de l’île, maintenant on y retrouve 50% de Russes. Pour reprendre les mots de Jack, un Russe, les bouriates seraient les descendants des Mongols venus en Russie pour engrosser les habitants 🙂

Après quelques discussions nous décidons de partir le lendemain pour l’île d’Olkhon en plein milieu du lac Baïkal. Cette île est très importante dans la religion chamanique. Elle représente un lieu sacré qui aurait accueilli un très grand chaman descendu sur Terre pour juger la population. Pour les Bouriates, cette île est l’habitat des esprits terribles du lac Baïkal. Concernant le lac Baïkal, la première syllabe signifierait « respectueux » et la seconde « lac », voilà pour l’instant Bouillon de Culture 🙂

Le trajet vers l’île est assez folklorique. Le minibus trace sa route et fuse. Il dépasse une file de 5 camions sans visibilité. Parfois une vache traverse tranquillement la voie sans s’affoler. Puis nous nous retrouvons sur une piste digne du Paris-Dakar avant d’apercevoir de loin les reflets du lac Baïkal. Progressivement il se dévoile et nous présente sa majestueuse étendue.

Olga nous accueille dans une maison attenante à la sienne. Le lieu est spartiate (un trou dans une cabane au fond du jardin fait office de toilettes) mais très convivial. Les repas sont copieux et délicieux. Nous y rencontrons Alejandro et Sebastian, des Chiliens qui reviennent de Mongolie.

Nous mettons à profit notre journée sur l’île pour la traverser à vélo dans sa largeur pour rejoindre l’autre rive. Pleins de bonne volonté nous partons donc dans les rues du village de Khuzhir en quête des fameux mountain bikes. C’est l’automne, les touristes ne reviendront qu’une fois le lac gelé d’ici quelques mois et beaucoup d’agences de location sont donc fermées. Les rues sont vides et font penser à un village de vieux western avec ses baraques en bois, les pistes de sable et les chiens errants. On ne s’étonnerait même pas d’assister à un duel avec en fond sonore la BO du film Il était une fois dans l’Ouest.

Après d’infructueuses recherches nous finissons par trouver l’objet tant convoité et c’est parti pour 40km aller-retour avec un dénivelé de 800m à travers les vallons, forêts et clairières. Deux chiens nous accompagnent histoire de se dégourdir les pattes. Ils ne nous lâcheront qu’à la fin de notre excursion.

Des paysages splendides et variés se succèdent.

 

Au bout de deux heures nous voyons nos efforts récompensés en haut d’un sentier. Nous apercevons au loin un petit coin d’eau qui ressemble bien à notre lac. Nous avons rejoint l’autre rive !! La descente vers le bord du lac est magique et la vue imprenable. Nous avons l’impression d’être seuls au monde et savourons pleinement ce moment.

Le chemin du retour s’annonce plus difficile car nous sommes déjà bien fatigués mais nous contournons la montagne et finissons complètement euphoriques et grisés par une descente vertigineuses avec vue à 180 degrés sur le lac.

La journée s’achève sur un coucher de soleil devant le rocher sacré et des arbres habillés de rubans multicolores pour rendre hommage aux esprits. Devant l’astre qui se retire Christophe s’avance pour capturer ce moment magique. Je me pose en spectatrice pour admirer la scène.

Le retour depuis l’île vers Irkoutsk a été plus chaotique que l’aller. Plusieurs fois nous avons décollé de nos sièges manquant parfois de glisser. Le conducteur fusait sur la route comme s’il conduisait une Porsche alors que nous étions dans un minibus sur une route accidentée avec des creux et de nombreux obstacles animaliers. Mais pas question pour le conducteur de ralentir il faut juste les éviter en dérapant sur la gauche et espérer qu’aucune autre voiture n’arrive en face.

Dîner royalCe soir avant le départ vers Oulan Oude nous avons droit à un dîner royal. Nous nous accordons un vrai moment de bonheur avec des blinis recouverts de crème et de saumon fumé, accompagnés par des cornichons et du fromage, le tout arrosé d’une bonne vodka aromatisée. On ne se refuse rien.

Voilà comment s’achève notre périple russe.

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