Empire du Milieu – du 13 novembre au 17 décembre 2015

Après la Mongolie qui nous a plongés dans un dépaysement total la Chine a été une expérience toute aussi incroyable. Nous sommes passés d’une contrée lointaine où les animaux sont vingt fois plus nombreux que les habitants et certaines vallées encore inhabitées à l’un des empires les plus peuplés de la terre et véritable puissance mondiale. Difficile de décrire ce pays aux mille facettes, saveurs et traditions dont la diversité n’a d’égal que sa superficie. Traverser la Chine du Nord au Sud ou de l’Est à l’Ouest revient à parcourir plusieurs provinces. Chaque région a ses richesses, ses spécificités et son propre climat.

Sans pour autant découvrir toute la Chine nous avons pris le temps de sillonner le pays du nord-est au sud-ouest en se posant dans quelques villes et campagnes afin d’y savourer leurs charmes et s’imprégner de leur culture.

Echope_BoucheriePékin ressemble de loin à une véritable usine à gaz, le poumon de la Chine moderne, polluée et bruyante. Mais c’est aussi et surtout le centre historique de ce pays. On retrouve son essence au coeur des hutongs (quartiers) traditionnels dans lesquels le temps s’est arrêté depuis plus d’un siècle. Les vélos se fraient un chemin entre les marchands ambulants et les bouchers exposent leur viande bien rouge sur leurs étals à même la rue devant le museau des chiens errants. Le voyageur s’y perd, guidé par des effluves de saveurs piquantes et épicées. Aux abords des temples celles-ci laissent place aux filets d’encens s’élevant vers les dieux boudhistes. Le charme est brisé un instant au détour d’un carrefour dont les klaxons et l’effervescence de la circulation rappellent à la réalité. Puis la magie opère à nouveau, la promenade continue avant de déboucher sur un lac bordé par de grands arbres et d’où l’on perçoit le chant des oiseaux. Dans quelques heures la douce lumière naturelle et le silence relatif s’évanouiront devant les cafés et bars cacophoniques aux allures modernes dont les néons multicolores rivalisent les uns avec les autres pour attirer touristes et badauds.

C’est aussi cela la Chine, ce mélange entre le moderne et le traditionnel qui séduit presqu’autant qu’il agresse tout en laissant une empreinte indélébile dans l’âme de celui qui la visite.

Après avoir déambulé pendant 4h à l’intérieur des murs démesurément grands de la Cité Interdite, marché quelques kilomètres des 6000 constituant la plus grande Muraille du monde et admiré quelques milliers de soldats en terre cuite protégeant un tombeau force est de constater que ce pays recèle de nombreux et magnifiques trésors parfois issus d’esprits autrefois un peu trop mégalos mais visionnaires sur la grandeur et l’avenir de leur territoire.

Les moyens mis en oeuvre pour protéger certaines de ses plus belles richesses sont de taille et le résultat est plus que réussi. Dans la vallée luxuriante de Jiuzhaigou (Sichuan) merveilleusement sauvegardée nous avons ainsi pu admirer les eaux cristallines et turquoises des nombreux étangs, rivières et cascades. Le tableau que nous avions devant les yeux était un véritable patchwork de nuances, les touches de couleurs automnales ajoutant de la gaieté aux camaïeux de verts et bleus des plantes se mêlant aux lacs couleur émeraude transpercés par des troncs sombres.

Quant aux rizières du Yunnan celles-ci nous ont offert un magnifique spectacle dès le lever du soleil, s’étendant sur des kilomètres et reflétant les nuages chassés par le vent.

Visiter ces lieux magiques en pleine nature apporte un sentiment apaisant et harmonieux qui contrebalance avec le tumulte rencontré parfois dans les villes.

Toutefois quelques unes ont été si bien conservées que leur beauté invite au détour et à la flânerie.

Pingyao et Lijiang par exemple bien que n’ayant rien à voir toutes les deux nous ont séduits par leur attraits respectifs. L’une s’est développée de façon moderne mais a gardé en son coeur une vieille ville fortifiée dont les remparts restés intacts et les maisons traditionnelles tout en bois conservent ce charme ancien. Le ciel est un peu gris, le temps s’est arrêté, les couleurs sont sombres mais il y règne une atmosphère paisible. L’autre nichée au creux de la montagne avec un lac en son centre est lumineuse, fleurie, arborée et traversée de mille petits canaux auprès desquels il est bon de se poser.

Certes la Chine moderne prend le dessus sur ces petits bouts de paradis que nous avons découverts avec tant de plaisir. Néanmoins cette contrée continue de séduire et émerveiller.

La cuisine n’a pas à rougir devant l’art culinaire français. les mets sont un vrai délice et d’une grande diversité, un mariage d’épices et de saveurs. Il ne s’agit pas de mélanger quelques aromates dans un plat mais de l’agrémenter de dizaines d’ingrédients pour que chaque bouchée apporte une nouvelle surprise pour les papilles. Impossible de définir tout ce qui garnissait notre poulet épicé avec piments, cacahouètes, coriandre, poivre et nombreuses autres touches savoureuses.

Les bouis-bouis et nourritures de rue n’étaient pas moins méritants que les restaurants. Combien de fois nous sommes nous laissés guider par des odeurs alléchantes venues du coin d’une allée pour découvrir un tout petit local avec une cuisine aux arômes délicats. Dans le quartier Hui de Xi’an les étals débordaient de brochettes, jus de grenade, fritures, sucreries et nous offraient de quoi nous régaler tous les dix mètres. Nous avons rarement vu une telle abondance de nourriture ce qui parfois nous laissait dubitatifs, que font-ils des invendus?

Ce pays grouille et vit à mille à l’heure quand le voyageur ne fait que flâner dans les rues. Des bousculades et klaxons sonores le rappelleront vite à l’ordre pour laisser les flots de véhicules et d’usagers circuler plus rapidement et sans retard.

Bien qu’ils aient l’air de marcher et vivre plus vite les Chinois au contact des étrangers deviennent timides et lancent des regards souriants et bienveillants. Ils cherchent à aider même lorsqu’ils ne parlent pas la langue de Shakespeare. La situation peut d’ailleurs devenir cocasse lorsque 10 Chinois sont autour de vous pour vous aider mais ne savent pas ce que vous cherchez ou  bien touchante lorsqu’une dame prend 20 minutes de son temps pour vous conduire à travers les ruelles jusqu’à votre guesthouse et s’assurer que quelqu’un vous y accueillera correctement.

Le mois passé dans l’Empire du Milieu ne nous a pas permis d’en discerner les moindres recoins, il faudrait des années, mais cela a suffi pour nous enchanter et nous donner un goût de trop peu au point de vouloir à tout prix revenir un jour. Le charme chinois a parfaitement opéré.

Nous avons découvert un pays en plein boom. Les villes avec leur gratte-ciels se développent à une vitesse déconcertante balayant parfois malheureusement les maisons traditionnelles qui participaient au charme du pays. Et pourtant certaines subsistent comme dans le quartier pékinois encore typique dans lequel nous vivions avec ses vélos cinquantenaires, ses échoppes médiévales et ses scooters électriques.

Tant de beautés qui méritent d’être découvertes au détour d’une ruelle ou dans la quiétude des rizières.

6 Responses

  1. François-Xavier Goehrs

    Cela valait le coup d’attendre! On s’y croirait§ Je suis de plus en plus jaloux de vous deux!

  2. Blandine

    Magnifique !!! Nous traversons la Chine avec vous au milieu des ces paysages et de ces saveurs … TOP 🙂

  3. Ruth Euzet

    Vos commentaires sont toujours très riches et intéressants. La vision de cette armée alignée reflète la grandeur de ce pays.

  4. Laurette

    Votre récit me donne le sourire: celui qui me dit qu’un jour je découvrirai ce pays!

  5. Mathilde et Florian

    Waou c’est splendide ! Continuez de profiter et de nous faire rêver !

  6. Jayjay

    Très bel article !!!
    Si après ça, t’as pas envie d’y aller…
    Tu devrais l’envoyer à des guides et des offices, pour ta reconversion! 😉

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