Du 17 janvier 2016 au 14 Mars 2016

IMG_6229L’arrivée en Inde est brutale et peut parfois demander une phase d’adaptation pendant laquelle on reçoit d’abord la culture indienne, son dynamisme, son chaos, son bruit, sa différence comme une agression. Après quelques temps le malaise se dissipe laissant place à la découverte. On parvient alors à savourer, apprécier et aimer tout ce qui fait l’Inde et qui nous est offert.

Quitter l’Inde est ensuite triste et laisse l’impression de ne pas avoir tout vu, tout saisi, c’est une sensation d’inachevé qui nous habite. On voudrait en voir, en vivre davantage car on a le sentiment que ce pays est trop loin de là d’où on vient, plus loin que la Chine ou la Russie. Ce n’est pas tant la distance géographique qui rend ce pays si loin mais toutes ces cultures, ces traditions, ces religions, ces cuisines régionales et ces visions du monde si différentes de tout ce que nous connaissions jusqu’alors. Plus on reste plus on veut y rester. Quitter l’Inde c’est aussi la promesse d’y retourner un jour.
L’Inde excite autant qu’elle calme, énerve autant qu’elle apaise, agresse autant qu’elle séduit, pique autant qu’elle est douce.

L’Inde, le pays de la merde et de l’encens comme disait Laurent-Pierre rencontré à Bénarès.
L’Inde c’est tout et son contraire, on aime et on déteste à la fois, on est fasciné et révolté, envoûté et dégouté. Parfois on se laisse guider par une odeur d’encens, mélangé à des fleurs fraiches et notre chemin débouche sur un caniveau crasseux sentant l’urine et les excréments.

Les hommes au regard charmeur couleur charbon dodelinent de la tête, les femmes aux yeux pétillants sourient discrètement, les enfants aux dents blanches chahutent gaiement.

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L’Inde n’est que murmure: le cours paisible d’un fleuve, la promenade tranquille d’une vache, la quiétude rurale des villages, le doux vent s’engouffrant dans les tissus légers.
L’Inde n’est que bruit: le chahut de la ville, les klaxons des rickshaws, les percussions des kathakalis, les explosions des saveurs, les rires des enfants.

Les Indiennes se parent de leurs plus beaux atours, même les plus défavorisées portent des bracelets à leurs gracieuses chevilles et fins poignets dont les clochettes teintent à leurs pas légers.
La plus belle Indienne que nous avons rencontrée était aussi la plus modeste. Logée sur un trottoir au carrefour de deux avenues vrombissantes elle avait la tête haute, un doux visage, des traits fins, un regard profond et grave et un sourire discret. Elle vivait dans la pollution et la saleté, à même le sol. Elle était belle et nous avons baissé les yeux par honte ou par pudeur.

Au début on a envie de tout comprendre car beaucoup de choses nous révoltent. Mais on doit baisser assez vite les bras pour s’abandonner au mouvement et se laisser emporter par le tumulte de la ville.
Il ne faut pas se rendre en Inde avec un esprit occidental dans lequel tout est logique et chercher à expliquer l’Inde de ce point de vue.

Comme il est si dur de décrire ce pays paradoxal, nous vous livrons seulement un petit florilège d’anecdotes sympathiques sur nos très nombreuses rencontres et aventures.

2 Responses

  1. Charlotte Biteau

    Photos et anecdotes toujours aussi bluffantes!

  2. Philou

    Bel article qui résume assez bien ce pays fascinant.
    Quand je lis ces mots, j’ai envie d’y retourner de suite !!

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